Revenu universel : pourquoi s’entêter ?

Les 13 Présidents de Conseils départementaux voulant tester le revenu de base se sont réunis ce mercredi. Il serait compris entre 431 à 845 euros par mois (pour mémoire, le RSA s’élève à 524 euros et le seuil de pauvreté à 846 euros) et pèserait chaque année entre 16,2 milliards et 25,7 milliards sur les finances publiques ! Au moment où le gouvernement annonce vouloir baisser la dépense et remettre en cause les règles régissant la prime d’activité, cette proposition apparait toujours aussi utopiste mais surtout irréaliste. Interrogé, le porte- parole du gouvernement a d’ailleurs dès hier estimé que le revenu de base « n’est pas la bonne réponse ».

S’il est en revanche une idée à travailler à ce stade, c’est celle consistant à fusionner les minima sociaux (RSA, ASS, prime d’activité, voire allocation logement ?) par souci de lisibilité et d’efficacité. Ce serait l’occasion de confirmer, chiffres à l’appui, que le non recours au droit fait faire davantage d’économies à l’Etat que ne lui coûte la fraude, mais dans quelles proportions ? Cela obligerait à s’interroger sur la prime d’activité dont l’objectif initial était de lutter contre la pauvreté et d’inciter à la reprise d’un emploi : a-t-il été atteint ? Cela imposerait de privilégier une approche par le reste à vivre et non par le statut des personnes. Cela permettrait enfin de s’interroger sur le paradoxe français : un chômage de masse alors même que les entreprises peinent à trouver les compétences nécessaires à leur développement, singulièrement en Ille-et-Vilaine. L’initiative de cette fusion des minimas sociaux absolument indispensable ne relève pas de la responsabilité de 13 Départements qui expérimenteraient (le coût de l’expérimentation est évalué entre 2,8 et 7,5 millions : qui va payer ?!) mais devrait être impulsée par l’exécutif lui-même au niveau national.

 

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