Mineurs étrangers isolés : humanité et responsabilité

photo Pierre-Yves Mahieu

En 2016, la ville de Cancale accueillait – au printemps et à l’automne – deux groupes de plus de soixante migrants en provenance de Calais, hébergés dans les locaux de l’ancien hôpital. J’avais exprimé à l’époque combien les élus, les associations et les habitants de la commune avaient fait preuve de disponibilité et générosité afin que ces migrants  bénéficient d’un répit dans les meilleures conditions possibles. Cancale, à l’instar d’autres villes d’Ille-et-Vilaine et de France, a rempli sa mission, dans un élan de solidarité dont je suis fier, dans l’esprit de la tradition d’accueil de notre pays. Ceci avait été rendu possible parce qu’une chaîne de responsabilités claire était à l’œuvre, et que l’Etat assumait pleinement son rôle aux côtés de tous les autres acteurs.

Depuis, l’arrivée de jeunes migrants en France s’est amplifiée : leur nombre était estimé à 25 000 en France fin 2017 dont 500 en Ille-et-Vilaine. Les Conseils départementaux compétents en matière de protection de l’enfance, doivent assumer leur prise en charge et les dépenses explosent : elles ont été multipliées par 3 en Ille-et-Vilaine ces dernières années et pourraient atteindre 21 millions d’euros en 2018.

Si nous approuvons le nécessaire accompagnement des collectivités locales face à cette tragédie humaine, les élus de l’Union de la Droite et du Centre du Département d’Ille-et-Vilaine tirent la sonnette d’alarme quant aux conséquences budgétaires pour les Conseils départementaux déjà confrontés à d’importantes difficultés financières en raison notamment de l’augmentation des allocations de solidarité : Allocation Personnalisée d’Autonomie, Revenu de Solidarité Active, Prestation de Compensation du Handicap.

A la suite du Congrès de l’Assemblée des  Départements de France en octobre dernier, une mission Etat-Conseils départementaux devait proposer des solutions. Le Premier ministre ne s’est-il pas engagé à ce que l’Etat prenne en charge la période au cours de laquelle il convient de déterminer si les jeunes sont effectivement mineurs. Le sujet n’est pas neutre puisque, dans notre département, les 3/4 qui le prétendent, sont en fait majeurs.

« Je suis homme, et rien de ce qui est humain ne peut me laisser indifférent. » proclamait Térence. Gardant à l’esprit cette maxime, pointer du doigt des dépenses qui explosent pour les Conseils départementaux ne signifie pas refuser d’accueillir les migrants ou les mineurs qui relèvent de l’aide sociale à l’enfance : de nombreux collègues élus  l’ont prouvé en remplissant leur mission avec humanité. Il s’agit de s’assurer que l’Etat, en lien avec nos partenaires européens, gère efficacement et de façon responsable les flux migratoires.

Pierre-Yves MAHIEU, Maire de Cancale, Conseiller départemental  UDC-LR de Saint-Malo 1

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