Budget 2018 du Conseil départemental : peut mieux faire.

 

Les Conseillers départementaux ont examiné le budget du Département qui s’élève  à 1 milliard d’euros, les 21, 22 et 23 mars derniers.

Les élus du Pays de Vitré ne l’ont pas voté : « nous nous sommes opposés à une nouvelle augmentation de la taxe foncière et donc à une atteinte de plus au pouvoir d’achat. Nous estimons que des économies sont encore possibles, c’est d’ailleurs une préconisation de la Chambre régionale des comptes » explique Isabelle Le Callennec (canton de Vitré), Présidente du groupe de l’Union de la Droite et du Centre. « Nous demandons depuis des mois l’ouverture de négociations avec les agents sur le temps de travail » ajoute Louis Hubert (canton de Châteaugiron). En outre, l’Etat impose aux Départements de ne pas augmenter les dépenses de fonctionnement de plus de 1,2%. « Or, les aides pour les personnes âgées, handicapées ou demandeurs d’emploi en insertion continuent de progresser et elles sont au cœur des missions des Conseils départementaux » déclare Thierry Travers (canton de Vitré). «Le coût de la prise en charge  des mineurs étrangers ne cesse d’augmenter,  complète Monique Sockath (canton de la Guerche-de-Bretagne) qui estime que l’Etat doit assumer ses responsabilités.  Au cours de la session, Monique Sockath a aussi déploré que l’aide du Département aux clubs sportifs amateurs soit réduite sans concertation.

Aymeric Massiet du Biest (canton de la Guerche-de-Bretagne) a lui insisté sur la nécessité de la rénovation totale de la ligne ferroviaire « Rennes-Châteaubriant », sa modernisation étant essentielle pour le développement du Pays de la Roche aux Fées ». Il  a également souhaité une mutualisation des instances de proximité en faveur des personnes âgées et/ou en situation de handicap, du type CLIC et MAIA, avec la mise en place de Maisons locales de l’Autonomie.

Quant à Aude de la Vergne (canton de Châteaugiron), elle a interpellé le Président Chenut sur le passage à 80 km/h sur les routes secondaires, demandant une action commune pour que le Gouvernement revienne sur sa décision « C’est un nouveau coup porté aux habitants des territoires ruraux  ». Fin de non –recevoir de la part du Président.

Budget 2018 du Département; pourquoi nous ne le voterons pas

Intervention de Louis HUBERT, Conseiller départemental du canton de Châteaugiron

vendredi 23 mars

photo L.Hubertphoto rapports budget 2018« Monsieur le Président, Chers collègues,

Vous soumettez à l’approbation de notre Assemblée le 1er budget sous l’ère Macron dans un contexte hérité des Gouvernements des 40 dernières années. La dette nationale rappelée à juste titre par Christophe Martins ; 2 200 milliards d’euros soit l’équivalent de 30 milliards pour notre seul département soit 30 fois le budget qui nous est présenté. Cette dette, nous n’avons pas le droit de la céder aux générations futures. Voici pour le contexte. Nous n’avons pas à nous prononcer dessus mais sur notre proposition budgétaire, la proposition de votre majorité. Certes, la contrainte des 1,2% n’est pas juste et nous disons avec vous qu’il faudrait que l’évolution de la population soit prise en compte et les compensations de l’Etat soient retirées. Nous ne vous reprochons pas de vous rebeller, bien au contraire. Nous voterons le vœu issu du bureau de l’Assemblée des  Départements de France car oui nous soutenons l’idée de sortir du 1,2% le coût des mineurs étrangers et celui des allocations de solidarité. Nous observons juste que malgré les annonces gouvernementales, malgré les demandes émanant de Présidents de Départements de droite, de gauche ou du centre,  le  Président de la République et le Gouvernement  restent inflexibles.

Réunion des maires du canton de Vitré vendredi 2 mars

VendrediILC et TT 2 mars, les conseillers départementaux du canton de Vitré, Thierry Travers et Isabelle Le Callennec (photo), ont réuni les 22 maires du canton. Le tour d’horizon aura permis de mesurer les difficultés rencontrées et de prendre note de leurs attentes. “Nous avons senti une réelle inquiétude de la part des maires qui manquent de visibilité sur le devenir des communes rurales, s’inquiètent de la baisse du pouvoir d’achat et du flou autour de la pérennité des financements publics, réclament à raison une accélération du déploiement du très haut débit pour que leurs communes restent attractives”. Dominique de Legge, Sénateur, était invité à s’exprimer sur la conjoncture nationale et l’impact du vote du Budget de l’Etat. Il a souligné l’inquiétante augmentation de la charge de la dette, conséquence de déficits publics non résorbés, charge qui s’élève à 41,2 milliards en 2018, ce qui a fait dire à Isabelle Le Callennec “Imaginez tout ce qu’on pourrait financer avec cette somme en faveur du vieillissement, du handicap, de l’insertion ?!”.  Il a rappelé qu’un débat était en cours sur les conséquences de la suppression de la taxe d’habitation, ce qui n’a pas manqué d’interroger Thierry Travers “Une compensation est annoncée pour les communes, mais sera- t-elle pérenne ?”.

Mineurs étrangers isolés : humanité et responsabilité

photo Pierre-Yves Mahieu

En 2016, la ville de Cancale accueillait – au printemps et à l’automne – deux groupes de plus de soixante migrants en provenance de Calais, hébergés dans les locaux de l’ancien hôpital. J’avais exprimé à l’époque combien les élus, les associations et les habitants de la commune avaient fait preuve de disponibilité et générosité afin que ces migrants  bénéficient d’un répit dans les meilleures conditions possibles. Cancale, à l’instar d’autres villes d’Ille-et-Vilaine et de France, a rempli sa mission, dans un élan de solidarité dont je suis fier, dans l’esprit de la tradition d’accueil de notre pays. Ceci avait été rendu possible parce qu’une chaîne de responsabilités claire était à l’œuvre, et que l’Etat assumait pleinement son rôle aux côtés de tous les autres acteurs.

Depuis, l’arrivée de jeunes migrants en France s’est amplifiée : leur nombre était estimé à 25 000 en France fin 2017 dont 500 en Ille-et-Vilaine. Les Conseils départementaux compétents en matière de protection de l’enfance, doivent assumer leur prise en charge et les dépenses explosent : elles ont été multipliées par 3 en Ille-et-Vilaine ces dernières années et pourraient atteindre 21 millions d’euros en 2018.

Si nous approuvons le nécessaire accompagnement des collectivités locales face à cette tragédie humaine, les élus de l’Union de la Droite et du Centre du Département d’Ille-et-Vilaine tirent la sonnette d’alarme quant aux conséquences budgétaires pour les Conseils départementaux déjà confrontés à d’importantes difficultés financières en raison notamment de l’augmentation des allocations de solidarité : Allocation Personnalisée d’Autonomie, Revenu de Solidarité Active, Prestation de Compensation du Handicap.